Conférence le 3 avril aux Mathes : les défis de la planification au large de nos côtes : Où situer les parcs éoliens en mer ?
Depuis plusieurs semaines, l’Etat convie les Français à réfléchir et à se positionner sur l’exploitation et la protection des milieux marins dans le cadre d’un débat public : la Mer en débat. Cette planification est absolument nécessaire pour gérer les différents usages des territoires marins (pêche, industrie, tourisme, etc …) et limiter les contraintes et les dommages sur le milieu marin. Elle est rendue obligatoire par la directive Cadre pour la planification de l’espace maritime (DCPEM) de 2014.
Le débat se déroule pour chaque façade maritime, en ce qui nous concerne la façade sud-atlantique, de la Vendée à l’Espagne. Il servira de base à la révision des documents stratégiques de façade.
Nous sommes particulièrement concernés par la problématique de l’éolien en mer et de ses impacts sur la biodiversité et les écosystèmes. Si nombreux sont ceux qui se sont réjouis du déplacement des parcs éoliens Oléron 1 et 2 en dehors du Parc Naturel Marin, ces parcs demeurent localisés dans une zone de protection spéciale pour les oiseaux au titre des directives Natura 2000.
Ces directives continuent d’être passées sous silence dans le débat actuel pour lequel les zones dites « propices » ignorent les périmètres Natura 2000 au point de ne pas les faire figurer sur les cartes proposées.
Nous pensons que c’est un manquement grave de la France face à ses engagements de protection du vivant et nous vous convions à en débattre le 3 avril, 18h, à la salle Multi Loisirs des Mathes. Dominique Chevillon, vice-président de la LPO, vice-président du Parc Naturel Marin, présentera les enjeux de biodiversité sur ces zones propices et Laurent Bordereaux professeur de droit à l’université de la Rochelle analysera d’un point de vue juridique les conséquences de l’implantation de parcs éoliens offshore au sein des périmètres Natura 2000.
CONFÉRENCE : LES ACTUALITÉS DES PROJETS INDUSTRIELSÉOLIENS OFFSHORES D’OLÉRON, RÉ, VENDÉE ….
Conférence du Collectif NEMO (Non à l’Éolien Marin à Oléron et à son
extension), animée par Dominique Chevillon, sur les actualités du
projet de la zone industrielle éolienne marine, prévue au large
d’Oléron, de Ré et de la Vendée, ainsi que sur les nombreuses
démarches et les actions entreprises par le Collectif NEMO, le jeudi
27 juillet à 18h30, à la salle du Godinand de Saint-Clément-des-
Baleines dans l’île de Ré.
Présence et intervention de Monsieur le Maire de Saint-Pierre d’Oléron, Christophe
Sueur, Vice-président de la CdC (Communauté de Communes) d’Oléron, Conseiller
départemental de Charente-Maritime en responsabilité des infrastructures portuaires,
très engagé contre les projets de cette zone industrielle offshore au large de nos côtes.
Des intervenants, élus, ingénieurs, naturalistes, et spécialistes des questions
énergétiques. Les Associations LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), Nature-
Environnement 17, Ré-Nature-Environnement, de la Pêche et Associations
environnementalistes.
Débat et réponse aux questions de l’assemblée.
Cette conférence est organisée par Madame le Maire de Saint-Clément, l’APSSC
(Association de Protection des Sites de Saint-Clément), en collaboration avec
l’Association écocitoyenne CAPRES-AUNIS de Dompierre-sur-Mer, Dominique
Chevillon du Collectif NEMO (Non à l’Éolien Marin à Oléron et à son extension)
Le Collectif NEMO dépose une plainte devant la Commission Européenne pour non-respect des Directives Européennes par l’Etat français
Voici le communiqué de presse qui a été diffusé aux médias.
NEMO poursuit sa campagne d’information
Dernière soirée en date, le vendredi 30 septembre aux Mathes. Prochain rendez-vous le 19 octobre à Dompierre sur mer.
Vous pouvez télécharger le contenu de cette conférence :
De nombreux recours gracieux suite à la décision ministérielle de poursuivre le projet d’Oléron
Que ce soit au niveau collectivité locale, organisation professionnelle, association citoyenne ou association de protection de l’environnement, beaucoup se sont mobilisés pour écrire noir sur blanc tout le mal qu’ils pensaient du devenir de ce projet.
Vous pouvez lire ces recours en cliquant sur le liens ci-dessous :
- Recours de la commune de Saint-Pierre d’Oléron
- Recours de 8 associations de protection de l’environnement (LPO, ASPAS, NE17 ….)
- Recours de 3 associations citoyennes
- Recours du Comité Régional des Pêches de Nouvelle Aquitaine
- Recours de l’association Initiatives pour le Climat et l’Energie.
- Recours de l’association Oléron Nature Environnement
Il est probable que certains de ces courriers soient suivis d’une action juridique devant le Conseil d’Etat.
Bonne lecture
Soirée NEMO aux Mathes le 30 septembre à 18h
Venez vous informer sur les dernières informations relatives au projet éolien Sud-Atlantique, et découvrir des aspects de l’éolien offshore que vous ne connaissez peut-être pas.
Soirée organisée par la municipalité des Mathes, l’association des Propriétaires les Mathes La Palmyre et le collectif NEMO.
Présentateurs : Dominique Chevillon, Philippe Favreau, Claude Rieg, Sylvain Berjon.
Espace Multi-Loisirs, rue Henri SIbard, 17570 Les Mathes
Parc éolien Sud-Atlantique : décision de l’Etat
Le Ministère de la Transition Energétique a fait part de sa décision concernant ce projet controversé :
- Deux parcs de 1GW chacun
- Raccordement en continu sur la Rochelle jusqu’à Grenzay
- Hors de la zone de concertation élargie,
- Hors du Parc Marin
- Dans la ZPS Oiseaux Natura 2000
Télécharger l’extrait du Journal Officiel :
Éolien maritime : quel potentiel pour la France ?
Par François Henimann, ancien cadre dirigeant EDF GDF
En France, le rapport récent de RTE sur « les futurs énergétiques 2050 » analyse des scénarios de mix électrique impliquant tout un développement significatif de l’éolien en mer, dans une fourchette comprise entre 22 et 70 GW à l’horizon 2050.
La Commission européenne prévoit de porter à 300 GW la capacité installée d’éolien en mer dans les eaux de l’Union européenne d’ici 2050.
Cet article donne un éclairage sur l’état des lieux du développement en France et en Europe de l’éolien maritime et sur son potentiel le long du littoral français.
La lutte contre le réchauffement climatique implique une transformation en profondeur de l’économie au niveau mondial pour atteindre la neutralité carbone. Un volet primordial consiste à développer de manière importante la production d’électricité non émettrice de gaz à effet de serre, pour éradiquer la production d’électricité à base de charbon, et contribuer à remplacer le pétrole et le gaz pour les usages thermiques (transports, bâtiment, industrie).
Pour la France, la perspective tracée dans le rapport de RTE implique une occupation conséquente du domaine maritime, avec des externalités négatives encore mal connues sur les activités maritimes telles que la pêche, et sur la sauvegarde des espèces animales vivant dans cet environnement.
Sur le plan économique, au-delà du coût de production de l’électricité, qui reste intermittente, même si le facteur de charge est meilleur que pour l’éolien terrestre (37 % contre 24 %), le raccordement des parcs éoliens en mer devient un poste d’investissements prédominant sur le réseau de transport d’électricité, pour des montants compris entre 30 et 50 milliards d’euros, avec le recours à des solutions en courant continu pour les projets de raccordements de parcs de grande puissance éloignés des côtes (éolien flottant).
État des lieux du développement en France
Une consultation a été menée il y a une dizaine d’années avec l’ensemble des parties prenantes, pour élaborer des documents stratégiques identifiant les zones d’implantation des projets de parc d’éolien maritime, qui ont abouti à une série d’appels d’offre et de développements en cours ou prévus.

Au total, 3,5 GW de projets en réalisation ou en développement (appels d’offres attribués), et 2,5 à 3 GW de projets en préparation, soit 6 à 6,5 GW prévus à l’horizon 2030.
Tous ces projets sont implantés le long du littoral Atlantique et de la Manche, en raison de l’étroitesse du plateau continental en Méditerranée. Chacun des 7 parcs attribués a une emprise de 50 à 83 km2, par comparaison la surface de Belle-Ile est de 85 km2, exemple le parc de St Nazaire :

A partir de 2024, il est prévu de lancer des appels d’offre supplémentaires par extension des parcs attribués préalablement, avec raccordement mutualisé (la renégociation des premiers appels d’offre a reporté sur RTE la responsabilité et le coût du raccordement, qui représente environ 22 €/MWh pour les parcs en développement).
Pour l’éolien flottant, 4 fermes pilotes issues d’un appel à projet sont en travaux ou développement, 1 parc de 250 MW (extensible à 750 MW) en Bretagne Sud est en cours d’appel d’offre, et 2 parcs de 250 MW (extensibles chacun à 750 MW) en attente de décision ministérielle après le débat public qui s’est clôturé en octobre 2021 :

Au total, 113 MW de fermes pilotes en cours de réalisation, 750 MW de projets en cours d’appel d’offre ou attente de décision ministérielle, extensibles au maximum à 2,25 GW à l’horizon 2030.
Parc éolien flottant en Bretagne Sud :

Parcs éolien flottant en Méditerranée :

Carte de l’ensemble des projets, éolien posé et flottant :

Le potentiel de l’éolien en mer du littoral français
La PPE reprend une évaluation de l’ADEME du potentiel accessible, tenant compte des limites liées à la conciliation avec les autres usages de la mer : 16 GW pour l’éolien posé et 33 GW pour l’éolien flottant, soit environ 50 GW au total, inférieur à l’objectif des scénarios hauts de RTE.

Par rapport au Royaume Uni, qui dispose du potentiel d’éolien posé le plus important en Europe, notamment en Mer d’Irlande et en Mer du Nord avec des faibles profondeurs et des vents réguliers (avec un objectif de 40 GW installés dès 2030, pour 11 GW existants), le plateau continental le long des côtes françaises est beaucoup plus étroit, avec des profondeurs qui augmentent rapidement avec l’éloignement des côtes (pas de potentiel en Méditerranée).
RTE souligne ainsi qu’un développement important de l’éolien en mer en France ne pourra se faire qu’avec de l’éolien flottant, dont la maturité technologique est bien moins avancée que pour l’éolien posé, qui est la technologie prédominante utilisée dans les projets en développement en Europe.
Voici ci-dessous les dimensions d’une éolienne flottante de 10 MW (parc expérimental de Leucate, projet ENGIE-EDP), qui est ancrée avec 3 lignes de 600 m de long et une ancre de 15 T, ce qui mobilise une surface importante :

DF-EN utilise pour le parc expérimental dans le golfe de Fos une technique à ancrage à ligne tendues qui ne repose pas sur le sol, et donc plus compacte.
RTE souligne que la technologie « flottante » génère des coûts plus élevés que la technologie « posé » (arrivée à maturité), avec une plus grande incertitude sur l’évolution à moyen terme : le prix objectif des premiers parcs flottants est de 110-120 €/MWh, avec un investissement de 8 M€/MW (parc expérimental EDF-EN), à comparer à 60 €/MWh et un investissement de 2,5 M€/MW pour l’éolien posé.
RTE indique aussi qu’en l’absence de développement commercial, les perspectives de diminution de coût restent incertaines, plusieurs participants à la concertation organisée par RTE recommandant une approche particulièrement prudente à cet égard.
Le prix du raccordement est également plus élevé pour l’éolien flottant, et RTE prévoit à terme d’utiliser des câbles à courant continu, avec des stations de conversion.
Au total, tant que les premiers parcs à taille industrielle n’auront pas été développés et mis en service (horizon actuel 2029 pour 3 parcs de 250 MW), on peut retenir un prix objectif de l’ordre de 150 €/MWh pour l’éolien flottant (raccordement compris), en gros le double du prix des autres ENR et du nouveau nucléaire.
Développement de l’éolien maritime en Europe
Source rapport RTE « Futurs Énergétiques 2050 »

Le Royaume-Uni est le leader mondial de l’éolien en mer, développé à partir de 2008 en prévision de l’extinction progressive des champs de pétrole en mer du Nord.
Dans une première phase, des prix garantis très élevés (189 €/MWh en 2014) ont favorisé le développement de la filière, qui atteint maintenant sa maturité, les appels d’offre les plus récents étant attribués à 45 €/MWh.
Objectifs en 2030 :
Royaume-Uni : 40 GW (un appel d’offres de 25 GW pour 17 projets, dont 10 projets en éolien flottant, vient d’être attribué au nord de l’Ecosse, dont TotalEnergies pour 2 GW et ENGIE-EDP pour 1 GW).
Allemagne : 20 GW
Conclusion pour la France
L’éolien maritime posé se développe avec beaucoup de difficultés, en raison de fortes oppositions liées en particulier aux impacts sur l’activité de pêche côtière, ainsi qu’aux incertitudes sur les effets négatifs potentiels sur la biodiversité (faune marine, oiseaux migrateurs). L’étroitesse du plateau continental en limite de toute façon le potentiel à 16 GW, qui serait réalisé par extension des projets déjà engagés le long de la façade Atlantique et en Manche, à hauteur de 6 GW.
Pour réaliser le potentiel de 16 GW, une surface d’emprise maritime conséquente le long des côtes Nord et Ouest de la France sera nécessaire, même en intégrant que la puissance unitaire des éoliennes atteint désormais 13 MW, comme pour le projet au large de Dunkerque : au total 1.500 km2, soit 18 fois la surface de Belle-Ile en Mer.
Une évaluation environnementale approfondie parait nécessaire avant d’engager ces extensions, voire d’attribuer les appels d’offre des projets au large de la Normandie et de l’ile d’Oléron, où se situe par ailleurs une zone protégée Natura 2000.
La France est en pointe sur le développement de l’éolien flottant, dont la technologie est encore expérimentale, et le coût 2 fois plus élevé que l’éolien posé dans les nouveaux appels d’offre, donc fortement subventionné, sans compter un coût de raccordement plus élevé à la charge de RTE, qui est répercuté dans les factures des consommateurs via le tarif d’utilisation des réseaux (TURPE).
Il parait prudent de faire une évaluation sur la base d’un retour d’expérience des fermes pilote en cours de réalisation, avant de lancer définitivement les 3 projets de 250 MW en cours d’instruction.
La version originale de cet article a été publiée sur Le Monde de l’Energie.
La Commission Particulière du Débat Public relaie la large opposition au projet éolien Sud-Atlantique
La CPDP a publié sur le site du débat un rapport, des recommandations au maitre d’ouvrage et un bilan. Tous ces documents font état de l’opposition massive de la plupart des intervenants lors de ce débat. Ce qui devrait contraindre l’Etat à revoir sa copie. On n’en est pas encore à l’abandon du projet …
Voici notre communiqué de presse :
Le collectif NEMO a pris note des conclusions du débat public sur le projet industriel éolien Sud-Atlantique. La Commission Particulière du Débat Public (CPDP) a publié trois documents, respectivement un compte-rendu, les recommandations aux maîtres d’ouvrages et un bilan du débat.
Pour rappel ce projet envisage devant le littoral Charentais des parcs éoliens jusqu’à 2GW soit plus de 120 éoliennes de 260 mètres de hauteur sur une surface minimum de 240km2 (l’île d’Oléron fait 174km2).
La CPDP conclut un débat qui a « fortement questionné l’opportunité du projet« . Avant tout sur le choix de la zone : même élargie « les publics s’étonnent de la proposition par l’État d’une zone […] identifiée comme une zone remarquable de biodiversité » et de surcroît protégée par un parc marin et une zone Natura 2000 jusqu’à 110 km des côtes. Mais également sur l’atteinte d’objectifs environnementaux et économiques et sur le « questionnement de la crédibilité même de ces objectifs ». En outre, l’absence de visibilité sur la stratégie de façade du Gouvernement questionne sur l’avenir du littoral Charentais.
La CPDP fait remarquer que la localisation choisie par l’état porte également atteinte à un écosystème économique et social, aux emplois et mode de vie des locaux, au patrimoine culturel et paysager, ce que le collectif NEMO a toujours dénoncé.
Elle demande comme nous une véritable transparence de l’Etat, demande de transparence exacerbée par l’inquiétante annonce du Gouvernement d’un objectif d’installation de 50 parcs éoliens en mer le long des côtes françaises.
Les remarques de la Commission viennent renforcer une majorité d’arguments défendus par le collectif NEMO, les élus et représentants du département, mais aussi les nombreux organismes ou associations de défense de l’environnement et des océans, (Conseil National de la Protection de la Nature, Commission Supérieure des Sites Perspectives et Paysages, LPO, FNE, FNE Nouvelle Aquitaine, Sea Shepherd, Union Internationale pour la Conservation de la Nature France …), tout comme les représentants du secteur de la pêche, de la plaisance, du tourisme et des citoyens en général.
Nous regrettons par ailleurs que le document des recommandations aux maîtres d’ouvrages ne soit pas plus en cohérence avec les arguments rapportés : par exemple, l’éloignement de 30 kms des côtes en scénario possible n’exclurait pas une présence persistante dans le parc naturel marin, en zones Natura 2000, et dans des zones de pêche artisanale primordiales pour cette activité le long des côtes Charentaises.
A ce titre, le collectif suivra avec attention la restitution du débat organisée la 11 mai à 18h par la CPDP et en présence de la Présidente de la Commission Nationale du Débat Public Chantal Jouanno, et invite à la plus grande mobilisation des citoyens, des associations, des politiques et des entreprises.
L’Œillet des Dunes par Ré Nature Environnement : le permis de tuer
Ce numéro de l’Œillet des Dunes que l’association Ré Nature Environnement offre en téléchargement aux visiteurs du site NEMO met l’accent sur la politique à venir de l’Etat : en déclarant le projet comme raison impérative d’intérêt majeur, l’Etat déclinera comme à St Brieux dans un arrêté la liste des espèces protégées qui seront concernées par la dérogation à la destruction d’espèces protégées.
L’œillet des Dunes vous présente 74 espèces qui sont présentes dans la zone en consultation et bien au delà. La liste n’est bien sûr pas exhaustive.
Vous pouvez télécharger le magazine :

