
Bernard Durand*, le 25/05/2026
*Bernard Durand a été Directeur de la division Géologie-Géochimie de
l’IFPEN et Président du Comité scientifique de l’European Association of
Geoscientists and Engineers (EAGE).
Résumé : A partir d’une étude comparative des évolutions de la production
d’électricité en France et en Allemagne, on montre ici qu’un développement
massif de l’éolien et du solaire photovoltaïque :
– Ne permet pas de produire plus d’électricité. Cela est dû au caractère
non-pilotable de ces électricités, qui impose pour les rendre utilisables
de les associer structurellement avec celles produites par des centrales
électriques pilotables (principalement nucléaires et hydroélectriques en
France, à charbon et à gaz en Allemagne). C’est la puissance totale
disponible en ces dernières qui détermine à chaque instant les quantités
maximales possibles de production, mais aussi qui garantit que nous
aurons suffisamment d’électricité en cas d’absence de vent et/ou de
soleil.
– N’a pas permis, et de très loin, de supprimer les émissions de CO 2 de la
production d’électricité en Allemagne, et est sans intérêt pour cela en
France.
Par contre ce développement massif
– Fait augmenter considérablement le coût de production de l’électricité,
et donc son prix moyen pour les ménages et l’industrie, induisant ainsi
une perte critique de pouvoir d’achat pour les ménages pauvres et une
perte de compétitivité pour les entreprises, laquelle fait augmenter le
chômage et est un frein à la réindustrialisation. Mais aussi provoque un
retard préoccupant dans l’électrification des usages, pourtant rendue
nécessaire par les incertitudes sur notre approvisionnement futur en
combustibles fossiles, pétrole, gaz et charbon.
– Met de plus en plus la production électrique européenne à la merci des
pays producteurs de gaz (Russie, pays du Moyen Orient, Etats-Unis…),
mais aussi de la Chine, devenue le premier fabricant mondial
d’éoliennes et de panneaux solaires.
Il s’agit donc là d’une erreur stratégique majeure, en particulier pour la
France, où ce développement massif ne permettra même pas de diminuer
significativement comme en Allemagne les émissions de CO 2 de la production
d’électricité, mais portera gravement atteinte à ses possibilités de
réindustrialisation et à sa souveraineté énergétique.
