Article le Littoral 29/1/2021

La réponse de NEMO à l’article du Littoral du 29/1/2021

L’article de Monsieur Labardin passe outre l’opposition d’associations ou de personnes physiques qui a conduit à la création du collectif NEMO dès 2016. Il passe également sous silence l’avis défavorable qu’avait donné l’agence des Aires Marines Protégées (maintenant absorbée par l’OFB) dès 2015.

Bernard Durand énumère ci-dessous les risques inhérents selon lui à ce projet :

Un parc éolien en mer à Oléron serait bien trop risqué !

Par Bernard Durand, ingénieur et naturaliste, expert en énergies, ancien directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de Géologie

De nombreux articles de presse se félicitent de la relance par le Premier Ministre du projet de parc éolien en mer d’Oléron. Aucun n’a pour autant évoqué les risques que ce parc ferait courir aux habitants et aux usagers de la mer concernés. Je les rappelle ici :

– Les éoliennes se situeraient au-dessus de l’épicentre du tremblement de terre de 1972, un des quatre plus importants tremblements de terre que la France ait connu depuis 60 ans, le plus récent étant celui du Teil en Ardèche en Novembre 2019. Nul ne peut dire quels seraient les effets de l’enfoncement de pieux de 40 mètres de long et de 7 mètres de diamètre (plus encore si les éoliennes sont gigantesques comme il est probable) à coups de marteau hydraulique dans le sol marin pendant des mois. Il en est de même de leurs effets sur les falaises en recul du Nord d’Oléron.

– Le littoral est fragile, nous le constatons. Ce parc, en créant des courants turbulents et en arrêtant les sables au pied des éoliennes, accélèrera sa destruction.

– Les pollutions marines seront importantes :  – Pollutions ordinaires : détergents projetés par hélicoptère pour nettoyer les pales, fuites d’huile des nacelles et des bateaux et hélicoptères de maintenance, rejet d’eaux de refroidissement, métaux toxiques relâchés en mer par la corrosion des mâts et des rotors. – Pollutions accidentelles provoquées par les destructions de nacelles et de rotors (incendies, vents violents…) et par collision de bateaux. Les tankers passant au large transportent chaque année aux ports de la Rochelle et de Bordeaux environ 7 millions de tonnes de produits pétroliers, mais aussi des dizaines de milliers de tonnes de produits chimiques. Une collision par grand vent avec ces éoliennes d’un de ces tankers, ou d’un bateau ayant beaucoup de gazole dans ses soutes serait catastrophique pour nos plages et donc pour notre tourisme et notre commerce et bien sûr pour la pêche. Ces pollutions circuleront autour d’Oléron mais aussi dans le pertuis de Maumusson et dans l’estuaire de la Seudre au gré des courants marins, et menaceront l’ostréiculture, qui n’a pas besoin de ce risque supplémentaire.

– Une puissante ligne à très haute-tension, 225 000 volts, traverserait la Presqu’île d’Arvert, y compris dans des zones Natura 2000. Quand on voit les effets possibles de lignes électriques de  moindre importance sur les hommes et les animaux, comme par exemple celles du parc éolien de Nozay en Loire-Atlantique, pourquoi faire courir ces risques aux habitants, aux touristes et aux troupeaux des éleveurs de la Presqu’île. La moindre des choses serait que cette ligne passe dans l’île Oléron, dont les élus et quelques habitants veulent imposer ce parc.

Que des élus veuillent imposer de tels risques à des gens qui dans leur immense majorité n’ont rien demandé, ce n’est pas raisonnable. Ce parc ne leur rapportera rien en compensation, sinon des augmentations du prix de leur électricité et de leurs carburants. Il est aisé pour un expert en énergies de démontrer qu’il n’aura aucun effet pour la défense du climat et la réduction du nombre de nos réacteurs nucléaires, bien que ses promoteurs veuillent nous persuader du contraire.  Il créera des emplois en Allemagne et en Chine, qui construiront les éoliennes, et en détruira plus qu’il n’en créera en France, qui les importera. Il rapportera beaucoup d’argent à ses promoteurs, en particulier aux « investisseurs » internationaux qui se bousculent à nos portes pour récupérer les énormes subventions à l’éolien, financées par nos factures d’électricité et de carburants, et c’est bien pour cela qu’ils veulent nous l’imposer.

Commerçants, agriculteurs, pêcheurs, ostréiculteurs, et ceux qui aiment cette Presqu’île et son cadre de vie, tous doivent se mobiliser maintenant pour éviter ce désastre, avec leurs élus.

Attention, ce parc n’est que le premier d’une longue série prévue sur la côte Atlantique. Si celui-ci est accepté, c’est la porte ouverte à la suite !

Pour plus de détails, voir  http://www.eolien-oleron.fr/centrale-eolienne-mer-pres-doleron-vaut-peine

1 commentaire sur “La réponse de NEMO à l’article du Littoral du 29/1/2021”

  1. l’aval donné par le premier ministre à ce projet mortifère montre encore une fois le peu de cas que fait ce gouvernement de la préservation de l’environnement contrairement à ce qu’il prétend. un tel projet en pleine zone Natura 2000 est une véritable aberration. encore une fois, on privilégie les intérêts financiers au détriment de la vie.

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